Saint-Mathurin de Larchant

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Saint Mathurin
Visite guidée et commentée par M. Michel LEPAGE, de l'Association Culturelle de Larchant.

La légende fait remonter Larchant à Saint Mathurin, païen converti au christianisme au 3e siècle, au tout début de l'ère chrétienne dans le Gâtinais. Il acquiert très tôt une réputation de guérisseur des fous et des possédés, et sa réputation s'étend dans la région et bien au-delà, au point que l'empereur de Rome, Maximien1 , en entend parler et le fait mander pour soigner sa belle-fille Théodora2 . Mathurin se rend à Rome, où il guérit la princesse et finit sa vie. Ses disciples accomplissent la promesse qu'ils lui avaient faite et ramènent son corps à Larchant, où il est enterré dans une chapelle dont une inscription presque effacée rappelle son nom, et qui servit longtemps de lieu de rencontre pour un pèlerinage institué très tôt, avant l'an mil. Des foules entières venaient à Larchant prier Saint-Mathurin.
Vers l'an mil, la terre de Larchant fut concédée par l'évêque de Paris au chapitre de Notre-Dame, alors que Larchant dépendait de l'archevêché de Sens. L'archevêché de Paris fut le seigneur de Larchant de l'an mil à la Révolution.
Vers le milieu du 12e siècle, comme les pèlerins affluaient toujours plus nombreux, il fut décidé de construire une église sur le site actuel, où, selon des hypothèses controversées, aurait pu se trouver une église primitive ; des découvertes sont encore possibles. De nombreuses similitudes laissent à penser que la construction, commencée vers 1175-1180, fut probablement menée sous les conseils, voire la direction, des maîtres qui ont édifié Notre-Dame de Paris.

   
Extérieur               Le chœur              Intérieur

Le plan initial, très audacieux, était basé sur une forme de croix latine, très simple, d'environ 57 mètres de long et 28 mètres de large. La technique était celle du mur mince, assez caractéristique en Ile-de-France, l'édifice et surtout le chevet étant soutenus par des contreforts extérieurs. A l'intérieur, on éprouve une impression de légèreté grâce à des baies ouvertes très larges et très lumineuses et la présence de minces colonnes qui ne servent qu'à l'ornementation et ne jouent aucun rôle de support.

Maximianus Herculius (249-310) empereur romain de 286 à 305 et de 306 à 308.
2  Flavia Maximiana Théodora, fille d'un premier mariage d'Eutropia, l'épouse de Maximianus, épousa en 293 Constantius 1er, le père de l'Empereur de Byzance Constantin le Grand.
Chevet : partie qui termine le chœur d'une église où est l'autel, où se célèbrent les mystères et qui est souvent plus élevé que le reste (Littré).